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Quel avenir pour la tech et les startups made in France ? (La Chronique live depuis le CES)

 

Les points clés du panel d’Olivier Laborde et de ses invités au CES 2025 !

 

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J’y étais en personne, assise au premier rang comme les premiers de la classe, pour écouter ceux qui font et sont dans l’écosystème startup depuis 10 ans et plus.

Carlos Diaz et Fabien Aufrechter répondaient à la question piquante : pourquoi 2025 va tout changer !

Personnellement, j'ai beaucoup apprécié l'analyse et le débat qui animent la communauté de l'Hacienda (le fan club du podcast La Silicon Carne). D'abord, parce que je suis assez d'accord avec ce qui a été partagé, et ensuite, parce que les échanges étaient francs et directs, sans langue de bois. Le panel est aussi un excellent moyen d'approfondir les conversations souvent superficielles sur LinkedIn. On y voit des personnes qui ont une opinion, qui s'expriment avec authenticité et sans détour. Carlos et Fabien sont deux leaders d'opinion sur des sujets qu'ils maîtrisent parfaitement, donc c'est vraiment pertinent !

Voici les meilleures punchlines de ce que j’ai entendu le 9 janvier 2025, qui va agiter les neurones de celles et ceux qui pensent que Vivatech est le plus grand salon du monde.

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Prenez des notes, cogitez, partagez et balancez aussi votre opinion, histoire de faire bouger les lignes et donner le change à une startup nation qui est un peu sur le déclin avec de moins en moins de rayonnement de la French Tech.

Fabien, qui est maire, dans le Web3, entre nous, futur Premier Ministre, VP Innovation chez Vivendi, Web3 advocate, conseille aussi les startups. Et son parti politique, c’est Verneuil. Il était en marche à l’époque.

Carlos, 25 ans dans la tech et entrepreneur exilé à San Francisco, a aussi lancé le mouvement des Pigeons.
Après un burnout, il est devenu Business Angel, qui mise sur les startups portées par des Frenchies à SF. Il a aussi créé le podcast Silicon Carne!

Sujet IA
Les grandes entreprises n’aiment pas l’incertitude, pourquoi ?

Carlos : les grandes sont emmerdées.
On entre dans une ère de prototypage, les Américains sont drivés par l’action, en France, on est drivés par la pensée. C’est culturel ! L’approche cartésienne est à l’opposé du "Just do it" tellement American.

Fabien : la grosse tendance, c’est l’intelligence humaine, qui se transforme avec l’IA.

Laisser les employés, il faut généraliser l’approche, il faut parler formation et avoir des humains qui bougent, qui savent quoi faire des outils.

Carlos : l’IA est dérangeante parce qu’elle paraît humaine, singe le comportement humain, mais l’humain se rend compte qu’on est simplement des algorithmes, on est programmables.
Exemple : les docteurs. L’IA fait de meilleurs diagnostics que les médecins, et l’IA est plus empathique. Nous sommes des algorithmes, des signaux électriques.

Gilbert s’est invité sur scène.
On s’est programmé sur 200 000 ans, il y a un faux ami : intelligence, c’est la DARPA.

Fabien : l’IA ne va pas halluciner, est-ce que c’est grave d’halluciner ?
L’IA est politique.

Attend je mets sur pause  !

Olivier pose la question au sujet des prédictions 2025.

Carlos en avait 14, coup de pub : allez sur le site de Silicon Carne.

On approche la fin du smartphone. Alain Damassio parle de reprise de verticalité, avec les smartglasses ou les puces Neuralink, on va redevenir l’homo erectus.

Olivier : OpenAI va s’écrouler en 2025 ?
Carlos : Mistral se fera racheter ou il deviendra le nouveau Minitel.

Olivier : pas besoin de la version 5 de ChatGPT pour faire des comptes rendus de réunion.

Carlos : il faut se poser la question du revenu universel, avec les robots et l’IA, il faut l' esclavagiser, c’est le moment de penser à cela.

Sujet touchy : l’emploi abordé par Olivier
On ne parle pas de la création de nouveaux emplois.

Shift en cours

Fabien : retour du sens dans le travail, on va passer aux 4 jours travaillés.
Exemple : les associations manquent de ressources, un jour donné peut répondre aux besoins.

C’est la fin d’Internet 2.0.
Retour aux textes bibliques, la pomme c’est la connaissance.
L’Internet est obscur, surtout avec le DeepFake, il faut un Internet qui responsabilise et que ce soit un Internet de la valeur.

Carlos n’est pas d’accord : un organisme central devrait faire autorité ?
Le véritable problème, c’est la conscience !
Macronistes, fermez les yeux.

La vérité, c’est Carlos qui le dit : vous avez flingué le système, politique, commission européenne, les médias. Je suis un enfant gâté du système, on ne regarde pas les gens qui souffrent et qui sont broyés par le système.
Les bobos blâment les dames qui nettoient les bureaux de La Défense, de ne pas prendre leur vélo après 12h de taf.

Fabien : il faut assumer la complexité, on a un problème d’éducation en France.

Gilbert était de retour ! Comment tu vas apprendre quelque chose à un gamin qui n’utilise que ChatGPT ?

Carlos : 40% des Américains pensent qu’ils ont moins d’un ami.

Avec ChatGPT, on a de l’information à la demande.

Bon, là on arrive dans le dur du sujet. Olivier a repris la main et met les pieds dans le plat.
De mon point de vue, ce panel nous fait prendre de la hauteur en termes de prise de conscience du climat politique et économique qui d’une manière ou d’une autre encourage notre façon de penser et d’agir en tant qu’entrepreneurs, ce qui doit forcément impacter aussi les ambitions, non ?


(Moi)Exemple : si tu deviens une BCorp, c’est que tu as a peut-être un héritage d’Hippie qui se cache au fond de ton âme petite Bouddha.

Question d’Olivier : est-ce que c’est la fin de la French Tech ou comment repartir ?

Au CES, on est passés de 200 à 100 startups en un an, et les politiques ne sont pas venus cette année, sûrement à cause des médias.

Micro coupé, Carlos se fait voler la vedette par Fabien.

Fabien nous parle du chat écrasé, et qui s’est fait conseiller par l’autre maire, caniveaux, espaces verts… Pas les mêmes responsabilités.


Si le maire n’est pas compétent, il doit payer ! Problématique d’empilement et de complexité, tout le monde s’empare du sujet du numérique, mais… tout le monde est un peu incompétent.
Où sont les ROIs ?

Il hallucine, Fabien, il y a des pays qui viennent au CES avec 1000 startups.

 

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Carlos ne fait pas du French bashing, il fait du FrenchTech bashing. Il ne parle pas de la tech, mais met en cause la doctrine qui a été mise en place par Macron, qui instrumentalise avec des photos et Vivatech. Les startups se sont fait kidnapper pour réveiller la nation (pour se mettre en marche enfin bref).


Sur Eureka Park (Las Vegas. pas porte de Versailles), des gamins de 19 ans qui ont démarré à 16 ans montent une startup pour contourner une réglementation de la commission européenne.
Toutes les startups bankables sont celles qui ont optimisé la réglementation ou le système : Ventes Privées, les soldes, Doctolib vous connaissez, BlablaCar, pallient les défaillances de la SNCF. Ce ne sont que des startups qui font de l’optimisation des injonctions réglementaires françaises ou européennes.

En opposition, Revolut, Spotify… avaient une approche globale plus ambitieuse.

Fabien : la vraie innovation en France passe par les corporates.

Scud de Carlos : regarde, ils ont 168 ans…

Pause pub de Gilbert Reveillon : il est le seul Français à être jury de ces innovation awards depuis 4 années consecutives  et les Coréens sont quantum safe.

Carlos est relancé, le but des régions c’est de faire des photos !
Illustration : un président de région (Sud), mais moi, si mes startups sont aux US, je ne suis plus sur la photo ! Moi, j’ai besoin de passer sur France 3 Aquitaine.

 

 

Fabien : oui, le problème en France, c’est qu’on ne se spécialise pas ! Allez, une autre droite de Carlos, mais le problème c’est qu’on devrait foutre la paix aux entrepreneurs.

Fabien : elle est où l’excellence française ? Dans la recherche, mais on ne sait pas se vendre !
On ne donne pas les moyens aux entreprises.

Carlos : parlons progrès, pas d’innovation.
Station F, c’est le plus grand cimetière de startups, un vrai walking dead.
Il manque des solutions de recyclage pour les talents, et il faut accepter que la startup puisse mourir et repartir sur un autre projet, il y a beaucoup trop de startups en vie.

Olivier : on veut des labs, on crashe plein de pognon pour faire du 100% de réussite !
La première génération s’est sacrifiée !
Y aura-t-il une phase 2 ?

Fabien s’est ‘’apostrophé’’, il cite Marguerite Yourcenar : quoi qu’il arrive, je gagne à tous les coups.

Crash de la BPI ? On a des exemples ?


Il faut structurer !
Carlos, réinjection : on tourne une roue d’une génération d’entrepreneurs comme Xavier Niel, il y en a plein qui réinvestissent.

Mais il y a l’hypocrisie, parce qu’ils le font pour des raisons fiscales.
Si tu fais de la plus-value, nananan, en vrai, j’optimise !
Ces investisseurs s’en foutent que votre startup réussisse ou pas.

Aux U.S., d’ailleurs, on ne peut pas comparer avec la France, les investisseurs sont des joueurs, ils y croient !
Mais on a plus de tunes, tous les enfants gâtés se disent que la fête est finie, et c’est une bonne nouvelle !

Je félicite ceux qui viennent au CES, et qui sont là pour conquérir le marché !

Décalage aussi, la perception de la réussite pendant que Macron dit sur X qu’on a réussi l’impossible en rénovant Notre-Dame en 5 ans.
Et pendant ce temps, Google annonce le bond dans le quantique avec Willow.
2 tweets, deux ambiances.
Passé vs Futur.

À méditer, à commenter !

 

Remerciements pour les photos @ Jean-Philippe Encausse